
MON HISTOIRE
Je connais bien les hôpitaux psychiatriques pour les avoir fréquentés plusieurs fois dans ma vie. Quand on est « un peu dingue », que l’on porte en soit les gènes d’un indien, clin d’œil à Gérard Garouste, il faut savoir prendre son mal en patience et faire preuve de beaucoup d’imagination pour s’évader : dans le secteur fermé de l’hôpital, je m’envole en fermant les yeux, libre comme l’oiseau, je plane au-dessus de la savane, de la forêt amazonienne, des Océans sans fin.
Comme la folie, un lanceur d’alerte que l’on voudrait réduire au silence, mes oiseaux alertent sur notre société gaspilleuse, sur ses dysfonctionnements. Constitués de symboles, ils chantent aussi la force de la nature, l’envie de vivre, la beauté sauvage. Ils disent que malgré tout, la vie est là, sauvage, vibrante, indomptable.
Mes oiseaux sont en métal, issus de déchets métalliques : boulons, rondelles, taules rouillées, tubes, fer à béton…Je les travaille à la griffe, au marteau, en torsion, à froid, coincé dans l’étau ou à la masse. Quelquefois à la forge aussi.
Chaque oiseau est une renaissance, un cri de liberté.
MANIFESTE ARTISTIQUE
J’aime l’extrême indien et l’homme classique de Gérard Garouste.
J’aime le génie de Tinguely et son Cyclope caché dans la forêt de Milly, la douce folie de Don Quichotte, le travail des Lalanne, si poétique et inventif.
J’aime l’art, mais pas son marché.
J’aime la fusion des métaux, l’odeur de la forge, la pluie tropicale, la Nuit des Soudeurs sur le port de Granville.
J’aime les sculptures engagées de Bordalo II, Modigliani au musée du Luxembourg, Léonard de Vinci, inventeur parmi les inventeurs.
J’aime les Nouveaux Réalistes, la Tentation de Saint-Antoine et les moustaches irrévérencieuses de Dali.
J’aime le partage des savoirs, le recyclage des idées et de nos déchets, l’Autruche de Brancusi, et tant d’autres encore.
J’aime regarder la lune, miroir de notre conscience universelle.
Être ici et maintenant.
J’aime la Fondation Miró à Barcelone, le nomadisme des Baoulés de la province de Calcutta.
J’aime l’architecture du Guggenheim de Bilbao, les constructions folles de Gaudí et le génie silencieux de la pyramide inversée de la Sagrada Família.
J’aime la force de Coriolis sur la ligne imaginaire de l’équateur, là où le sens d’attraction terrestre s'inverse.
J’aime penser aux générations futures et à la transmission des savoirs.
Créer pour ceux qui viendront après
Et j’aime, plus que tout, croire que chaque rencontre est unique.